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TRANSPARENCE DU MARCHÉ DE L. ELECTRICITE

TRANSPARENCE DU MARCHÉ DE L’ELECTRICITE

OUVERTURE ET TRANSPARENCE DU MARCHÉ DE L’ÉLECTRICITÉ : L’ARSEL RÉUNIT LES ACTEURS POUR ÉVALUER LE NIVEAU DU MARCHÉ CAMEROUNAIS

Les 25 et 26 août 2026, l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARSEL) a réuni les principaux acteurs du secteur de l’électricité au Welcome Garden’s Hotel à Soa, dans le cadre d’une concertation consacrée à l’examen de l’indice d’ouverture du secteur de l’électricité (IOSE) et l’indice de transparence du marché de l’électricité camerounais de l’électricité (ITME).

Cette rencontre a rassemblé, autour d’une même table, les représentants du Ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), de SOCADEL, de SONATREL, de NHPC, de EDC ainsi que le régulateur. Cette démarche traduit la volonté de l’ARSEL de favoriser une approche participative dans l’évaluation du fonctionnement du marché de l’électricité et dans l’amélioration de la diffusion et la circulation de l’information entre les différents acteurs.

Au cours des travaux, les participants ont examiné les premiers résultats de l’indice de transparence du marché de l’électricité, élaboré pour mesurer la disponibilité, l’accessibilité, la qualité et la vraisemblance des informations mises à la disposition du public et des acteurs du secteur. Cet outil s’inscrit dans le cadre des réformes visant l’amélioration de l’efficacité du secteur de l’électricité, la promotion de la concurrence et le renforcement de l’attractivité du marché camerounais auprès des investisseurs.

Présenté par M. BOUBAKARI BLAKWE Ibrahim, le projet d’élaboration de l’Indice de Transparence du Marché de l’Electricité (ITME) repose sur deux principales dimensions. La première porte sur la transparence des acteurs vis-à-vis du grand public, notamment à travers les informations disponibles sur leurs plateformes numériques. La seconde prend en compte la perception des acteurs du secteur concernant la qualité, la fiabilité, la régularité et la cohérence des informations publiées par les autres acteurs.

Pour apprécier la transparence destinée au public, huit domaines ont été retenus : les informations générales sur l’activité, les données relatives aux consommateurs, la gestion des réseaux, l’offre de services, les prix, la fiabilité et la sécurité des infrastructures, la régulation, ainsi que la gouvernance et la politique énergétique.

La méthodologie passe par une collecte des données à travers des questionnaires adressés aux différents acteurs. Les informations communiquées sont consolidées suivant la grille d’évaluation après une vérifications de la présence réelle des informations sur les sites internet des opérateurs. L’indice global est établi à partir de la moyenne géométrique des deux sous indices.

Les premiers résultats disponibles, portant sur l’édition 2025, situent le niveau global de transparence du secteur électrique camerounais à 68%, soit un niveau considéré comme moyen. L’évaluation fait cependant apparaître des écarts entre les différents acteurs. ARSEL et NHPC figurent parmi les acteurs les mieux positionnés, tandis que Globeleq Energy, SONATREL et SOCADEL sont appelés à poursuivre leurs efforts en matière de transparence.

L’analyse met notamment en évidence les progrès enregistrés par ARSEL, dont la plateforme numérique a été améliorée à la suite d’une première évaluation réalisée en 2023. NHPC affiche également une bonne performance, notamment grâce à un site internet relativement fourni et régulièrement actualisé. À l’inverse, le sous-indice relatif à la transparence publique de SONATREL s’établit à 36 %, en raison notamment du caractère peu actualisé de certaines informations disponibles en ligne.

Ces échanges ont également permis aux participants de formuler des observations sur la méthodologie de l’indice. Les discussions ont notamment porté sur la place accordée à la perception des acteurs sur les informations diffusées par les autres acteurs, la participation des acteurs institutionnels, le rôle du régulateur dans le processus d’évaluation et le calendrier de notation. Plusieurs participants ont souhaité une appropriation plus poussée de la méthode et une implication accrue des parties prenantes lors des prochaines éditions.

À l’issue de la concertation, il a été retenu de publier les résultats de l’indice de transparence de l’édition 2025 sans de modification profonde de la méthodologie. L’objectif est de disposer d’un premier outil opérationnel susceptible d’être progressivement amélioré au fil des années. La publication de l’indice est prévue avant octobre. La création d’un comité dédié au suivi et aux notations de l’indice pourra également être envisagée pour les prochaines éditions afin de renforcer l’impartialité du processus.

Les participants ont par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer la mise à jour régulière des informations publiées et d’améliorer leur fiabilité et leur cohérence. La mise en place de protocoles communs d’échange et de vérification des données figure parmi les pistes proposées pour faciliter la comparaison des informations et en assurer une meilleure traçabilité.

Pour ce qui est de l’indice d’ouverture du secteur de l’électricité (IOSE), M. BOUBAKARI BLAKWE Ibrahim a présenté une l’approche ayant conduit à conceptualiser et implémenter un indice composite d’ouverture du secteur de l’électricité au Cameroun, susceptible d’être mis à jour annuellement et de servir de référence pour le suivi des réformes sectorielles. L’indice est calculé pour chacun des trois segments fonctionnels du marché de l’électricité au Cameroun : la production, le transport et la distribution. Les trois dimensions analytiques retenues pour l’IOSE sont : (i) La Dimension 1, le cadre réglementaire et séparation des activités qui mesure la qualité du cadre normatif régissant le segment considéré et la capacité de ce cadre à permettre l’exercice d’une concurrence effective ; (ii) la  Dimension 2, la régulation et gouvernance du secteur qui évalue le fonctionnement effectif du Régulateur et sa capacité à faire respecter les règles qui régissent le secteur ; (iii) la Dimension 3, la structure du marché qui évalue la mise en œuvre effective du cadre réglementaire en s’appuyant sur des données observées relatives à la structure concurrentielle réelle du marché.

Le fait qu’un cadre juridique libéralisé n’est pas une condition suffisante à une ouverture effective du marché, a conduit à accorder un poids de 50 % à la dimension 3, contre 25 % chacune pour les dimensions 1 et 2. Le segment le plus libéraliser, la production a recu une pondération de 60% suivi de la distribution /commercialisation avec 25% et le transport avec 15%.

Les résultats consolidés de IOSE pour l’édition 2025 montrent une progression significative de l’ouverture globale du marché, de 58,8/100 en 2019 à 69,0/100 en 2024. Le Cameroun bascule ainsi d’un niveau proche de la limite « faiblement ouvert » à une situation clairement « modérément ouverte ». Cette amélioration du score de l’indice est intégralement imputable à l’amélioration de la Dimension 3. Le nombre d’acteurs actifs passe de 4 en 2019 à 7 en 2024. Parallèlement, la part de l’opérateur historique passe de 75,63 % à 67,37 % et l’IHH diminue de 0,604 à 0,489, traduisant une déconcentration progressive du marché.

Les échanges qui ont suivi la présentation ont permis aux participants de formuler des observations sur la méthodologie de l’indice. Les discussions ont notamment porté sur la pondération du segment distribution, dont le rôle de collecteur unique des ressources du secteur impacte le fonctionnement et l’attractivité des autres segments, la prise en compte de tous les acteurs de la production, et de la distribution (de mini réseaux hydo et solaire) et la pondération du nombre d’acteurs présents dans la distribution avec leur part de marché.

À l’issue de la concertation, il a été retenu de publier les résultats de l’indice d’ouverture du secteur de l’électricité édition 2025 après intégration des quelques des observations pertinentes des parties prenantes. La publication de l’indice devrait se faire courant octobre 2026.

À travers cette initiative, l’ARSEL entend faire de l’indice d’ouverture et de transparence un véritable outil de suivi de l’évolution du marché camerounais de l’électricité. À terme, ces instruments devraient contribuer à réduire les asymétries d’information, à améliorer la circulation des données entre les acteurs, et à renforcer le climat des affaires et des investissements dans le secteur.

La concertation des 25 et 26 août constitue ainsi une étape importante dans la construction d’un marché électrique davantage ouvert, transparent et accessible, fondé sur une information plus fiable, régulière et comparable entre les différents acteurs.

 

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