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Mini-centrales hydroélectriques de Bafang et Mandjo l’ARSEL et les communes affinent le partenariat

Mini-centrales hydroélectriques de Bafang et Mandjo : l’ARSEL et les communes affinent le partenariat

Yaoundé, 05 mai 2026 — Le siège de l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARSEL) a servi de cadre, mardi, à une réunion de concertation consacrée à l’avis à manifestation d’intérêt pour la sélection des partenaires du projet de mini-centrales hydroélectriques de Bafang (3,4 MW) et Mandjo (4,6 MW).Au cœur des échanges : le rôle des communes dans le développement de ces infrastructures énergétiques, dans un contexte marqué par la décentralisation. À la suite de la présélection de trois soumissionnaires — Bille, IED et Fastons — les discussions ont permis de préciser les contours du modèle de partenariat envisagé, basé sur un Partenariat Public-Privé de type BOOT (Build, Own, Operate and Transfer).
Selon les orientations présentées, la maîtrise d’ouvrage sera assurée par une société de projet (SPV), avec la possibilité pour les communes de participer au capital à hauteur de 30 %. Une option qui suscite à la fois intérêt et interrogations. Les maires présents, considérés comme les relais des besoins locaux, ont notamment soulevé des préoccupations relatives à la distinction entre apport en capital et investissement direct, ainsi qu’au risque de dilution de leur participation.
Autre point de débat : la question des tarifs de l’électricité. Si certains élus ont plaidé pour une baisse des prix au bénéfice des populations locales, cette perspective se heurte au principe de péréquation tarifaire appliqué à l’échelle nationale. En réponse, les promoteurs du projet ont mis en avant des retombées indirectes significatives, notamment l’amélioration de la qualité et de la continuité de l’énergie, la stimulation de l’activité économique locale, la création d’emplois et la redistribution des dividendes.
La réunion a également permis de revenir sur les étapes du processus de sélection. Lancé en septembre 2025, l’appel à manifestation d’intérêt a abouti, en avril 2026, à la transmission des résultats au ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), avec la qualification de trois entreprises pour la phase restreinte, sur la base de leurs capacités techniques et financières.
Des divergences subsistent toutefois sur la gouvernance des projets, notamment en ce qui concerne le transfert des actifs en fin de concession. Les communes plaident pour une rétrocession à leur profit, tandis que le cadre légal actuel prévoit un retour à l’État.
Les prochaines étapes du projet porteront sur la poursuite des négociations avec les soumissionnaires, la finalisation des offres techniques et financières, ainsi que la signature des accords-cadres. Par ailleurs, une attention particulière sera accordée à la clarification du rôle des communes dans le capital et à la mise en place de mécanismes concrets de redistribution des bénéfices au profit des populations locales.
Ce projet de mini-centrales hydroélectriques s’inscrit dans la stratégie nationale de renforcement de l’accès à une énergie fiable et durable, tout en intégrant les collectivités territoriales dans la dynamique de développement.

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